Le départ est pour le 19 juillet 2005...
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Voyage interieur
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A la recherche du Soi
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Le départ est pour le 19 juillet 2005...
Pahar Ganj est le quartier routard de Dehli. Sur Main Bazar, la rue principale, on trouve de nombreux hôtels et restaurants, ainsi que des magasins qui vendent des babioles en tout genre.
En marchant dans les rues, tous les 2 mètres, un type me demande si je veux entrer dans son magasin, son restaurant ou son hôtel, ou si j'ai besoin d'un rickshaw ( ce sont des taxis à trois roues, soit à moteur, soit à pédales). Un simple non de la tête et je peux continuer mon chemin.
Ce qui surprend le plus ici, ce sont les odeurs. Il y a les bonnes odeurs d'encens ou d'épices, mais plus souvent les mauvaises odeurs : bouses de vache, urine, dechets en tout genre, jetés dans les rues, en état de decomposition avancée...
Il est difficile d'apprécier le silence. Les Indiens ne peuvent pas conduire sans klaxonner. On entend donc des bruits de klaxon incessants, auquels s'ajoute le bouillonnement de la vie des rues de Pahar Ganj.
L'atmosphère et la chaleur ambiante me mettent dans un état particulier, un peu comme si j'avais fumé un joint ; je plane et déambule dans les rues. Ca me rappelle l'état dans lequel j'étais à Amsterdam quand on se baladait dans les rues sans but precis après être passés dans un coffee shop.
De Main Bazar, il suffit de prendre une petite rue perpendiculaire pour entrer dans les entrailles du quartier et se perdre dans le labyrinthe des rues. Ici, les touristes disparaissent, et avec eux, les bruits et les acostages incessants, les rickshaws et les voitures.
Par moment, je me demande comment font ces gens pour vivre aussi naturellement dans des conditions pareilles, comme s'ils ne voyaient pas la saleté autour d'eux, comme s'ils n'entendaient pas le bruit, comme si la vie c'était ça : se lever, gagner sa vie, manger, faire une prière et dormir. Puis, je me rappelle que l'on ne connait que ce dont on fait l'experience et que l'on fait l'experience de ce qu'on connait, ici comme partout. C'est les fameux "c est comme ça", "les choses sont ainsi", " on est bien obligé de...", alors on s'y fait et surtout on ne remet rien en question parce que C'EST COMME CA.
Seulement, ça ne m'a jamais suffit comme réponse et comme tout enfant je demande le pourquoi. Et au fur et à mesure j'entrevois la réponse, et au fur et à mesure, je sais que l'on se trompe de chemin, que d'autres choses sont possibles, d'autres chemins, d'autres visions, d'autres relations avec les autres, avec le Moi.
Je pars pour créer ma vie et non la subir ; je pars pour être qui je suis vraiment, oter mes masques de convenance et sortir des schémas de pensée qui ne sont pas les miens, que je n'accepte pas et que je remetterai toujours en question... même si c'est comme ca. Je pars parce que je veux grandir, évoluer, être moi dans toute ma splendeur, et pouvoir ainsi partager cet état avec vous, ma famille, mes amis, vous, les gens que j'aime, et tous les autres.
Je vous aime.
Rishikesh est une ville au pied de la chaîne himalayenne, traversée par le fleuve le plus sacré de toute l'Inde : le Gange. La ville est construite le long du Gange. De chaque côté, des montagnes recouvertes de verdure dominent le fleuve. Deux ponts, Ramanjula et Laxmanjula, permettent de traverser le fleuve à pieds ou en scooter. Le matin, les Indiens se pressent le long des ghats pour accomplir la "puja" (prière et purification par l'eau du Gange). Le soir, ils déposent de petites bougies sur une coque faite à la main et les regardent s'éloigner.
En ce moment, les Indiens célèbrent le "Shiva festival". En arrivant, j'ai pu voir de nombreuses personnes le long des routes revenant du lieu saint qu'est Haridwar, ville juste en aval de Rishikesh. Ils se rendent à Haridwar en bus ou à pied et se rassemblent le long des ghats. Habillés de vêtements orange, couleur de Shiva, les pélerins recueillent l'eau du Gange dans des recipients. Ensuite, ils les déposent à chaque bout d'une sorte d'arc recouvert de guirlandes et de tissus colorés qu'ils mettent sur leur épaule et repartent à pied vers leur ville d'origine, marchant parfois plusieurs semaines. Là, ils entrent dans un temple consacré à Shiva et arrosent la statue de l'eau sacrée du Gange. Ce rite est pratiqué afin de satisfaire Shiva et d'abréger le cycle des réincarnations. Enfin, je crois...
Ma vie à Rishikesh est faite de rencontres. D'abord, j'ai retrouvé Emilie et Elisa, deux amies françaises que j'avais rencontré pour la première fois en Inde il y a deux ans. Je savais qu'elles étaient à Rishikesh, elles savaient que j'allais venir, et nous savions que nous allions nous retrouver quelque part dans cette belle ville. Pas besoin de rendez-vous, d'heure ou de lieu, il suffit de savoir que ça va arriver. Et c'est arrivé. C'est fou comme c'est simple et beau. Il suffit de savoir qu'une chose va se passer pour qu'elle se passe réellement. Certains diront, il suffit "d'avoir la foi". Depuis que je suis ici, j'essaye de prendre chaque événement comme une occasion créée par la Vie, l'Univers, Dieu, Moi, d'experimenter, de savoir et de créer qui je suis. J'aimerais aller plus en avant sur ce sujet, mais je ne trouve pas les mots pour expliquer... pour l'instant. Je peux tout simplement donner un exemple. Aujourd'hui, j'ai été depossédé de mon appareil photo : un Indien qui faisait semblant de m'aider à chercher quelque chose dans mon sac me l'a subtilisé sans que je m'en rende compte. Cinq minutes après, lorsque je m'en suis rendu compte, j'ai simplement fait un constat de la situation : je n'avais plus l'appareil, il l'avait, il avait disparu, je ne pouvais rien faire. Alors, j'ai été un peu déçu de m'être fait avoir, de perdre 150 euros et quelques photos, mais j'ai compris que ça n'avait pas d'importance : je peux en acheter un autre, prendre d'autres photos et ça permettra à ce type de faire de meilleurs repas pendant quelques semaines. M'observer digérer aussi facilement ce vol, alors que ça n'aurait pas été le cas il y a quelques années, quelques mois, voire peut-être quelques semaines (le coeur serré, dégoûté, anéanti, j'aurais sûrement courru dans tous les sens pour tenter vainement de retrouver le voleur), cela m'a permis de mesurer mon évolution, le chemin parcouru depuis des années. J'ai donc pris cet événement pour ce qu'il était : une occasion pour moi de connaître et d'affirmer qui je suis, et ce que je suis me plaît. Et vous, vous vous plaisez ?... Vous devriez ! Je commence à comprendre la phrase " nous sommes parfaits tels que nous sommes ici et maintenant "...
Me voilà dans une partie de l'Inde que j'apprécie particulièrement : la chaîne de l'Himalaya. Et je ne suis pas seul puisque Fanny, ma tendre et douce amie, voyage avec moi depuis maintenant plus d'une semaine. Nous nous sommes retrouvés a Delhi que nous avons quitté le jour même pour venir ici, à Vashisht, un petit village près de Manali perché à environ 2500 mètres.
Delhi me devenait insupportable, avec ses bruits, ses odeurs, sa pollution et sa chaleur (il faisait plus de 40 degrés). A Vashisht, le temps est très agreable : même s'il pleut souvent, l'air est doux et garanti sans pollution.
Nous nous sommes fait plaisir en nous offrant une grande chambre bien equipée avec terrasse et superbe vue sur le village et les montagnes alentour. D'ailleurs, j'y suis resté pas mal de temps vu que j'ai chopé une bonne gastro. Depuis hier, ça va bien mieux, rassurez-vous. J'ai perdu quelques kilos, mais, ne t'inquiètes pas maman, je compte les reprendre assez rapidement.
Sinon, Fanny et moi-même avons fait de belles balades dans les montagnes jusqu'à de magnifiques cascades. Pour la première fois de ma vie, je suis passé derrière une cascade ; c'est plutôt impressionant... et humide.
Aujourd'hui, on a fait un petit pique-nique près d'un ruisseau. On a pu apprecier le fait de nous préparer nous-même notre repas. En effet, depuis qu'on est là, on se fait tout le temps servir a l'hôtel ou dans des restos, et je peux vous dire qu'à force, c'est lassant. On a apprecié aujourd'hui faire nos petites courses et pouvoir préparer nous-même ce que nous mangeons. On se sent plus "en contact" avec ce que l'on mange ; on a donc decidé de renouveler souvent l'experience. Il y a une autre chose qui est vraiment appreciable, c'est de pouvoir boire de l'eau directement à sa source, dans le ruisseau ; on y plonge ses mains que l'on amène à sa bouche, et c'est délicieux et sublime ; ça a vraiment une autre saveur que de boire à la bouteille ou dans un verre.
On réapprend donc a apprécier les choses simples, les choses que l'on fait soi-même, que l'on crée d'une certaine manière, et les choses que nous donne Mère-Nature. Il y a aussi dans les montagnes, de nombreux pommiers et des abricotiers. C'est aussi quelque chose que de cueillir soi-même son fruit et de le manger sur le champs ; c'est quelque chose dont on a pas l'habititude, nous, les citadins, nous qui nous sommes éloignés de la nature et, enfermés dans nos murs de bétons, beaucoup d'entre nous connaissent dépression, mal être et ressentent le besoin de respirer, de s'oxygener, de faire le plein d'energie et de manger autre chose que des aliments remplis de produits chimiques, d'hormones de croisssance, d'édulcorants, d'exausteurs de goût ou de colorants... Et nous nous étonnons apres de tomber malade ou d'être en mauvaise santé !
Ne sommes-nous pas des êtres étranges ? Nous savons ce qui est bon pour nous et ce qui ne l'est pas et pourtant nous agissons rarement selon nos convictions, selon nos connaissances. Encore une fois, le " c'est comme ca " nous permet de tout justifier.
Si belle créature, quand vas-tu enfin prendre ton envol ? Quand cesseras-tu de te voiler la face ? Quand cesseras-tu de te nuire et de nuire aux autres ? Apprendras-tu à t'aimer suffisamment pour te respecter et respecter l'autre? Malgré ses technologies avancées, l'Homme est encore un être bien primitif. Mais, Petit Homme va grandir, ne lui en voulons pas...
Mc Leod Ganj est avant tout le lieu de refuge des tibétains en exil et de leur chef spirituel, le Dalaï Lama. La ville est construite autour de trois rues principales, bordées de chaque côté de magasins en tous genres, de restaurants, d'hôtels et de laveries. On y trouve aussi des centres de massage, des cafés internet bien sûr, des classes d'apprentissage de l'hindi et du tibétain, des cours de peinture ou de cuisine tibétaine.
La population semble être majoritairement tibétaine ; on croise de nombreux moines bouddhistes qui se rendent aux temples.
Il est très agréable de se balader dans les rues quasi piétonnes dans lesquelles mes yeux se remplissent des couleurs chatoyantes des habits, des peintures et des parapluies multicolores.
De la terrasse des cafés ou de la guest house, on peut admirer le vol majestueux des aigles ; les ailes toujours déployées, ils se laissent porter par les courants d’air chaud, décrivant des cercles au-dessus de mes yeux émerveillés.
Au bout d'une des rues principales se trouve la résidence du Dalaï Lama, composée de ses quartiers, de deux temples et d'un café-restaurant. En entrant dans les temples, on ressent un bien-être, une legerete ; les énergies positives des moines qui y prient et les odeurs d'encens doivent y être pour quelque chose. On a l'impression que le temps s'arrête.
Les salles sont recouvertes de nombreuses peintures très colorées représentants la vision de la Vie des bouddhistes ; on trouve également des statues du Bouddha recouvertes de feuilles d'or et des offrandes : billets, pieces de monnaie et douceurs ( biscuits, bonbons, confitures).
Au milieu de ce déferlement de couleurs se trouve le "trône" du Dalaï Lama qui fait face à la salle dans laquelle se réunissent les moines. Tout autour des salles sont disposes des moulins a prière ; les moines les font tourner un à un en avançant dans le sens des aiguilles d'une montre et les prières inscrites dessus sont ainsi envoyées jusqu’aux Dieux.
Aux alentours de Mc Leod Ganj se trouvent des petits villages et des montagnes verdoyantes magnifiques. Avec Fanny, nous avons fait une balade toute une journée : ça nous a pris presque cinq heures pour gravir la montagne, pour nous retrouver dans un paysage embrumé, mais d’une grande quiétude.
Arrivés en haut, le calme, la beauté de l’endroit et la fatigue du trajet nous ont plongés dans un léger sommeil… jusqu'à que l’on soit dérangé par une vache qui voulait bouffer le sac rempli de légumes et de fruits. Sale bête ! C’est qu’elle était teigneuse la bête ; elle a voulu me mettre des coups de cornes et me charger. On a donc du s’éloigner et se poser plus loin. On ne lutte pas contre une vache de 400 kg !
Pendant presque toute la durée de l’ascension, nous avons été escortés par un chien avec une patte cassée : il avançait quand nous avancions et s’arrêtait en même temps que nous. A la fin, c’était carrément une horde de chiens qui nous suivait, cinq en tout. Ils suivent les touristes jusqu’au sommet pour ensuite essayer de choper des moutons ; ils savent que les touristes ne leur feront pas de mal, contrairement aux Indiens et aux bergers qui les font fuir en leur jetant des pierres et leur mettant des coups de bâton. Et les chiens sentent bien qu’ils sont protégés a nos côtés ; ils restent constamment près de nous et se blottissent entre nos jambes lorsqu’un Indien armé d’un bâton arrive. Difficile situation : on a pas envie de les voir se faire frapper, mais en même temps, on ne veut pas non plus qu’ils égorgent des moutons. Un berger nous a raconté que l’année dernière, une horde de vingt chiens avait encerclé les moutons et en avait tué plusieurs. Moi qui croyais que les chiens étaient censés garder le bétail !
Ca va bientôt faire un mois que je suis en Inde. Parfois, j’ai l’impression d’être là depuis bien plus longtemps, d’autres fois, il me semble que je viens juste d’arriver. Le temps n’a plus la même signification quand on en fait ce que l’on veut. D’ailleurs, le temps n’existe pas réellement, le saviez-vous ? C’est juste une construction de notre esprit pour nous permettre d’appréhender la réalité physique. Einstein utilisait plus justement le concept d’ « espace-temps » : le temps dépend de la distance entre les objets. Vous savez peut-être que la distance entre le Soleil et la Terre fait que l’on voit le premier tel qu’il était huit minutes avant. Si le soleil explosait, il nous faudrait huit minutes pour que l’on puisse le voir. Mais savez-vous que si l’on pouvait se déplacer assez vite dans l’espace et que l’on se retournait pour regarder la Terre, on pourrait voir notre passé. Imaginez quelqu’un sur une autre planète qui serait en train de regarder la Terre comme nous pouvons voir les étoiles dans le ciel ; selon la distance, il verrait notre planète telle qu’elle était il y a des centaines, des milliers, voire des millions d’années ; il verrait notre passé. Le passé, le présent et le futur n’existent pas réellement ; dans l’absolu, il n’y a qu’un seul moment, l’ici-et-maintenant. Merci Monsieur Albert Einstein !
D’ailleurs, le présent est un présent qui nous est fait pour créer qui nous voulons être. Alors, créons !
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