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Il n'y a pas de "pommes pourries". Il n'y a que des gens qui sont en desaccord avec ton point de vue, des gens qui construisent un modele du monde different. Je vais te dire ceci : personne ne fait rien de mauvais, compte tenu de son modele du monde.
Lundi 14 novembre 2005

Olou, le retour !

Pendant une très longue période, je n'ai pas eu envie de raconter, de partager ce que je vivais ici en Inde ; je n'arrive d'ailleurs pas vraiment à m'expliquer pourquoi, c'est un mélange de flemme, de ne pas savoir qu'en dire, de trouver les mots trop pauvres... et pourtant me revoilà devant un clavier avec à nouveau l'envie de faire partager mon voyage à travers l'Inde et la conscience humaine.

Beaucoup de choses se sont passées en un mois, que j'ai pratiquement entièrement passé sur les côtes goanaises... pratiquement car j'ai aussi passé quelques jours sur la magnifique montagne de Matheran en compagnie de Fanny.

Matheran

Matheran est une petite ville à l'est de Bombay (environ 150 km), perchée sur une petite montagne, à l'ombre des arbres et offrant sur chaque versant des vues vraiment magnifiques. Dans la ville, aucun véhicule n'est autorisé, pas même les vélos ; on s'y déplace à cheval, en pousse-pousse ou, bien sûr, à pied. Cela crée une atmosphère très particulière qui fait penser parfois aux villes du Far West americain, surtout qu'il y a un petit train qui arrive jusqu'au centre-ville - malheureusement les pluies de la mousson ont complètement ravagé la voie ferrée qui devrait être à nouveau utilisable au mois de mars.

C'est donc au milieu des cavaliers que l'on se deplace sur des chemins de terre qui mènent après quelques minutes de marches à des points de vue vraiment extraordinaires. A certains endroits, la falaise est si abrupte que l'on ne peut absolument pas voir le denivelé. L'effet est surprenant : en regardant la plaine qui s'étend au pied de la montagne, sans pouvoir distinguer où commence la plaine et où se termine la montagne, on a carrément l'impression de se trouver sur un bout de terre qui flotte dans les airs (ça me faisait penser au dessin animé " Le château dans le ciel"). Ce paysage féerique créait chez moi une énorme envie de sauter dans le vide et de m'envoler au-dessus de la plaine, des maisons, des routes et des champs. Je me suis retenu !

Goa

Tout autre décor que les plages goanaises. Il est très agréable de voyager à travers Goa : étant un tout petit Etat, les distances sont courtes et aller d'une ville à l'autre ne prend pas beaucoup de temps. Ca me change de mes périples en train ou en bus pendant 12 à 18 heures.

Goa, ayant été une colonie portugaise, est très influencée par le christianisme et la culture européenne, ce qui lui donne une place à part en Inde. Je suis passé devant quelques églises arborant sur leur façade avant une croix de couleur rouge sang ou, parfois, rouge luminaire (un peu comme à l'entrée des bordels!). Un peu partout le long des routes, on peut voir des petits temples chrétiens qui ressemblent en tous points à ceux des Hindous - monticule de pierre sur laquelle ou dans laquelle se trouve une statue de l'un des Dieux, entouré d'encens, de colliers de fleurs jaune, orange et rouge -, sauf que l'idole hindoue est remplacée par la croix. Dans certains magasins, au milieu des images de Ganesh, Shiva, Parvati, Hanuman, Krishna, Sai Baba et autres accrochées au mur, on trouve aussi Jésus et la Vierge Marie. Certains indiens collent même des images de Jésus sur le devant de leur scooter, histoire de les protéger contre un éventuel accident. Les femmes chrétiennes portent souvent la robe plutôt que le sari. Les coutumes, d'une manière générale, semblent moins contraignantes que dans les autres Etats indiens : les femmes se baladent seules en scooter, elles n'ont pas la tête couverte par un voile et communiquent librement avec les touristes. (Dans certains Etats, j'ai été dans des Guest House ou je ne voyais les femmes de la maison que lorsqu'elles venaient nettoyer les toilettes, un voile couvrant cheveux et visage.)

Goa est également un lieu qui accueille de nombreux touristes venus se prélasser sur les plages. On trouve sur les plages des huttes en bois ou en bambou, très prisées des touristes-plagistes et qui vont de la simple cabane sur le sable, avec un lit et une lampe jusqu'à la hutte de luxe avec salle de bain et tout le toutim. Certaines plages, qui devaient être magnifiques il y a quelques années sont maintenant devenues bondées comme la côte d'azur, avec des huttes et des restaurants serrés les uns contre les autres tout le long de la côte, et des prix bien élevés. Heureusement, il reste encore quelques petits coins de paradis comme la plage de Querim le long de laquelle on peut se balader au milieu des pins et des cocotiers en respirant la sérénité, le calme, la beauté, la magie à pleins poumons, sans croiser un seul touriste, une seule hutte, un seul restaurant. Il y a quand même quelques familles goanaises qui y vivent dans des maisons cachées sous les arbres, et sur la plage, on peut croiser quelques pêcheurs.

Ailleurs, en louant un scooter, on peut aussi accéder à quelques petites criques ou l'on ne croise que quelques jeunes du village voisin.

Patnem

En ce moment, je me trouve dans le petit village de Patnem, composé de quelques petites rues, de quelques huttes, restaurants et habitations au bord de la plage. J'ai une chambre indépendante dans la propriété d'une famille bien sympathique.

Les familles indiennes sont assez étendues : en Inde, les épouses viennent vivre dans la famille du mari ; les familles sont donc composées des grand-parents (qui ne sont pas jetés dans des maisons de retraite!), des fils, de leurs épouses et des nombreux petits enfants. La famille loue 7 chambres et une dizaine de huttes en bord de plage au milieu des cocotiers. Ils ont également un petit restaurant où nous, les hôtes, aimons bien nous retrouver pour discuter, jouer aux cartes, manger, écouter de la musique ou en faire, pendant que les enfants jouent autour de nous, que les femmes s'occupent des tâches ménagères et que les hommes bricolent lorsqu'ils ne travaillent pas en dehors de la maison. J'ai établi une relation d'amitié avec de nombreux membres de la famille qui ne me considrent plus comme un touriste. Ils partagent avec moi le thé et le repas du midi.

Aujourd'hui, je suis allé au temple avec Krishna pour bénir son nouveau scooter : nous avons enfourché le scooter et nous sommes allés jusqu'au temple dédié à Shiva. A l'intérieur, le prêtre nous a versé de l'eau dans les mains que nous avons bue et deposée sur notre tête, puis il nous a posé un bindi sur le milieu du front (il s'agit un point fait avec une poudre rouge, représentant le troisième oeil, la connaissance). Ensuite, le prêtre nous a donné une couronne de fleurs et a fait une prière pour le scooter. Nous sommes restés quelques minutes dans le temple, puis nous avons rejoint le scooter à l'avant duquel nous avons accroché la couronne. Maintenant, le scooter est protégé, il ne peut rien arriver à son chauffeur... en théorie.

Cela fait maintenant plus de 2 semaines que je vis avec la famille, mais j'ai fait pendant 6 jours un petit crochet par l'hôpital où je me suis fait opérer d'un pneumo-thorax. En fait, j'ai eu une crevaison du pneu... du poumon droit, qui s'est rétracté et qui ne voulait plus se regonfler. J'ai donc dû rentrer à l'hôpital et me faire opérer en urgence.

Heureusement, toute la famille a été adorable : Krishna a dormi les deux premières nuits avec moi à l'hôpital ; différents membres de la famille m'amenaient à manger trois fois par jour (des bons plats de poisson, de crevettes et des salades de fruits...) et ils me faisaient des petites visites ponctuelles. Des touristes que j'avais rencontré sont également venus me rendre visite et l'équipe médicale a été très efficace et très gentille. Bref, j'ai été vraiment bien entouré et mon séjour à l'hosto s'est bien passé. Depuis que je suis sorti, la famille continue d'être aux petits soins avec moi et une complicité s'est installée entre nous. Je vais rester à Patnem encore au moins deux semaines, histoire de bien me rétablir avant de reprendre la route, et quoi de mieux que la plage et ses filles en bikini, le soleil et les cocotiers comme lieu de convalescence !

 

Je vous envoie à tous de gros bisous.

Portez-vous joyeux ! Et à bientot pour de nouvelles aventures !

Par Olive - Publié dans : olou-india
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